Le bouilleur de cru

Le Bouilleur de cru

Coupeur de « têtes » et cueilleur de « cœur »

Chez les Frères Moine, la campagne de distillation dure trois mois, de décembre à février. Durant cette période, la cuve chauffera sans discontinuer. Les Frères Moine possèdent leur propre alambic charentais en cuivre. L’imposant dispositif semble avoir une lointaine parenté avec les appareils de l’alchimiste. Et c’est bien d’une sorte d’alchimie dont il s’agit à cette étape de la fabrication de l’eau de vie. L’alambic permet en effet de « trier les vapeurs » pour que seules les meilleures soient conservées. Des 2500 litres de vin versés dans la cuve sera extrait le brouillis. Ce broullis issu de la première chauffe sera une nouvelle fois passé en cuve pour subir cette fois-ci « la bonne chauffe ». Mais point de précipitation à cette étape. Les premiers litres de ce distillat très riche en alcool seront écartés. On les appelle les « têtes ». Elles seront « coupées », comme celles des rois dont le pouvoir aura été trop abusif. D’amour, il ne sera question qu’ensuite, avec l’apparition des « cœurs », eau de vie claire gardée pour le vieillissement en fût de chêne, futur cognac. Ce qu’il en sortira ensuite sont les « secondes » récupérées pour une prochaine chauffe et enfin les queues.
De la personnalité, du savoir-faire et du nez du distillateur naîtra le caractère d’un cognac unique.