Gabriel

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« Mon père m’a transmis cette valeur historique du travail de la terre »

Gabriel Moine, fils cadet de la famille Moine a intégré la propriété en 2009.
Il s’occupe particulièrement de la distillation aux côtés de son père

« La distillation c’est de l’alchimie. On avance toujours un peu à tâtons. Ce sont les petits réglages qui améliorent la qualité, c’est vraiment du cousu main. Chaque vin va avoir des différences, mais chaque méthode va accentuer certaines parties de ces goûts. L’idée, c’est d’arriver à faire l’alchimie des différentes méthodes. L’apprentissage demande énormément de temps. L’expérience personnelle est très longue à acquérir. La distillation, c’est aussi quelque chose d’assez particulier car trois mois de chauffe, c’est relativement long. »
« Ici, on essaie d’expliquer aux gens notre métier, notre travail… Mon père m’a transmis les valeurs de la terre même si on n’a pas forcément la même vision ou le même point de vue sur comment faire. Il m’a transmis cette valeur historique du travail de la terre, la conserver, la garder, agrandir… Le lien physique à la terre est très important. Je pense qu’on ne peut pas s’attacher à du béton…  Il a aussi cette passion de la distillation, de créer ses propres produits. Il nous a aussi transmis le fait d’aller au bout de ses idées, d’expérimenter. »

« L’art c’est subjectif. C’est comme une dégustation »    

« L’art, c’est notre pierre à l’édifice avec Yann. La génération de nos parents a construit avec le circuit touristique, nous c’est la salle d’exposition. C’est la suite logique de ce qui a déjà été fait. Il ne faut pas oublier que nous sommes sur un marché relativement luxueux. Les pineaux, les cognacs sont des produits assimilés à des produits de luxe et l’art va avec. Dans un sens, l’amateur d’art est souvent un épicurien. Personnellement, l’art m’apporte un regard différent sur le monde. Par ailleurs, l’art en milieu rural est rare et pas toujours de très bonne qualité. L’art c’est subjectif. C’est comme une dégustation. Ici on essaie de ne pas adopter les codes trop superficiels des galeries et du monde de l’art. On essaie d’être un peu terre à terre et de faire découvrir des œuvres à des gens qui ne s’y connaissent pas forcément. »